sexta-feira, 9 de maio de 2014

Ayrton Senna Da Silva, l'étoffe d'un héros


C’est encore un beau cadeau que nous fait aujourd’hui la journaliste Martine Carret. Après avoir partagé avec nous ses archives, Martine nous offre en exclusivité un article sur Ayrton Senna, le pilote qu’elle a côtoyé pendant plusieurs années sur les circuits de Formule 1, et qui nous fait encore vibrer vingt ans après sa disparition. Merci!

Ayrton Senna - Alain Prost - Ron Dennis - McLaren - Estoril 1988 - Portugal

Pourquoi 20 ans après sa mort, ce triple campeão suscite-t-il toujours autant d‘émotions, de tristesse et de soupirs ?

Par Martine Carret, envoyée spéciale de France-Soir sur les GP 1991-1997.

Il était rapide et sa monoplace dansait sous la pluie. Il se jouait des éléments, au volant de monoplaces parfois rétives, parfois dociles. Il les domptait. Sans les dominer. Car même si sa façon de piloter semblait parfois brutale, il y avait une dose de finesse contrôlée dans son pilotage.

Ayrton Senna était un pilote talentueux, certes, mais ce n’était pas qu’un pilote. Et je crois que la dimension qu’il a atteint aujourd’hui dans nos mémoires, nos souvenirs, émane de cette autre face.



Pourquoi de jeunes gamins qui ne l’ont pas connu, ou à peine, qui n’étaient même pas nés et ont découvert son parcours au travers de livres ou de films en parlent-ils avec émotion ?

Le récit de ses exploits ? Pas suffisant. Négligeable.



Tout bon metteur en scène de Hollywood vous dira que pour assurer le succès d’un film, un acteur de renom ne suffit pas. Il faut un environnement, une sauce, une alchimie. Il faut un storytelling. Un héros, une quête, des embûches, la face cachée du héros, son affaiblissement, la faute avouée, la reconquête, la rédemption. C’est ce qui a assuré le succès planétaire de Star Wars et de Harry Potter.

Ayrton et Alain se sont affrontés. Et aucune des victoires de l’un n’aurait eu la saveur qu’elle a eue sans la défaite de l’autre. Ils se nourrissaient chacun de l’autre. Ils étaient rivaux, mais complémentaires. Ce sont justement ces affrontements qui les ont ancrés dans la mémoire collective.

Parce que la victoire est infiniment plus belle lorsqu’elle est disputée, en face à face.

Tout a été suffisamment disséqué sur leurs exploits, leurs titres, leurs confrontations musclées. Il est inutile que j’ajoute quoi que ce soit là-dessus.

Humanoïdes

Je préfère vous parler de ce qui m’a interpelée en tant que professionnelle qui les a côtoyés quelques années. Ils se ressemblaient. Plus qu’ils n’avaient envie de se l’avouer d’ailleurs. Dès qu’on leur tendait un micro, ils avaient quelque chose à raconter. Ils pouvaient chacun vous décrypter chaque virage, chaque quart de millième de seconde perdue dans quelle courbe. Pas besoin de demander de confirmation à leurs ingénieurs, leurs analyses étaient toujours judicieuses. Leurs cerveaux étaient des mesures de télémétrie ambulante. Leurs corps étaient leurs monoplaces. Ce n’était pas des hommes, mais des pilotes qui vivaient leurs courses avec leurs tripes, avec leurs corps.

Lorsque Ayrton raconte à Monaco qu’il est sorti de sa monoplace en esprit et qu’il a visualisé la meilleure trajectoire, il n’y a rien de magique là-dedans. Il fait simplement un exercice de visualisation mentale, comme d’autres yogi le pratiquent, ou certains sportifs, notamment les apnéistes. Ayrton met toutes les chances de son côté pour gagner en se préparant, physiquement, mais aussi psychiquement.

En dehors de leur monoplace, ces deux hommes pouvaient s’exprimer sur d’autres sujets que la F1. Et c’est cela qui nous plaisait.

Entendre Mansell chaque dimanche victorieux de 92 nous dire après la course « I’ve done a fantastic job » et remercier sa femme commençait à devenir répétitif. Et je peux vous assurer qu’il était vraiment difficile de remplir le journal du lundi avec ces deux phrases.

Alain et Ayrton pouvaient disserter des heures durant sur leurs sensations en course, mais aussi sur d’autres sujets. On ouvrait les vannes. Boum… Le flot sortait. Et en plus des remarques intelligentes ! Avec une réflexion menée, avec du vrai contenu. Pas des phrases préformatées pondues par un service de marketing. Non, du contenu humain. Raconté par des pilotes qui étaient des êtres profondément humains.

Flash-back. En 1993, je suis à Monaco. Je dois remplir le journal du samedi. Monaco, un quotidien français. Vous imaginez la pression. J’ai l’intention de faire vivre un tour de circuit à Alain et qu’il me dissèque la piste, morceau par morceau. Sauf que… « Je ne vous parle pas ! » Je suis scotchée. « Le Small » comme on le surnomme vient de me mettre KO. J’apprends par son équipe qu’il refuse de parler à certains journalistes, furieux de notre traitement de la course précédente de Donington. En fait, je saurai plus tard qu’il n’a jamais lu mon papier (où je n’avais fait que donner la parole à ses mécanos mécontents) mais que son entourage lui a dit que… Je me retrouve donc sans article. Je fais le tour des yachts (oui, ca fait un peu « jet-set », mais toutes les équipes ont des bateaux). Personne. Ils sont au golf avec le Prince ou en sortie obligatoire avec sponsors. J’atterris dans le paddock. Branle-bas des Brésiliens qui ont rendez-vous avec Ayrton. Je me pointe sur le bout des ongles. J’ose demander si je peux espérer avoir quelques minutes avec lui… Il se confie en portugais. Je patiente. Si seulement c’était de l’italien ou de l’anglais ! Mais non. Je patiente encore. Les Brésiliens repartent. Je me dis que j’ai enfin ma chance. Il doit être 18h et je n’ai pas écrit une ligne. Je dois être blanche. Il me regarde : « Let’s go ». Et boum, les phrases s’enchaînent toutes seules. J’ai mon papier ! Il vient de sauver ma peau.

Ça c’était Ayrton, spontané, ouvert quand il en avait envie. J’ai couru jusqu’à l’horrible parking sous-terrain où était installée la salle de presse. Des murs de béton, pas de fenêtre. Épouvantable salle de presse, détestée par tous. Trois jours à Monaco pour être terrés dans un sarcophage de béton, avec des panneaux « Sens Interdit » au-dessus de nos têtes et des néons trop lumineux. Qu’importe, j’avais ma « une » du lendemain. Obrigada, Ayrton.

Destiny Day

Imola 94. On a tout de suite compris qu’on perdait un pilote, mais aussi un être humain d’une complexité extrême, un être fascinant. Pour les photographes, il était photogénique, surtout de profil. Brun, ténébreux sans être d’une beauté classique, il prenait la lumière comme certains acteurs savent accrochent la moindre lueur du soleil ou d’une bougie. La beauté n’a rien à voir avec la photogénie. Son intensité du regard et sa prestance étaient parfaites sur papier glacé.

Être journaliste sur un grand-prix, ce n’est pas juste savoir raconter des tours de piste et analyser des statistiques. Ce n’est pas raconter ce que le téléspectateur a vu dans son écran TV. Même si en l’occurrence, ce jour-là TF1 était en pause pub au moment de l’accident… Notre job, c’était de raconter les hommes au-delà de leur pilotage.

Et cela, des personnalités aussi fortes qu’Alain et Ayrton nous l’offraient avec générosité.

En 1995, lassée sans doute d’entendre égrener les mêmes banalités à la fin des courses qu’il domine de A à Z, je demande à Michael Schumacher ce qu’on peut offrir comme cadeau d’anniversaire à quelqu’un qui a déjà tout. Il est désarçonné. Me fait répéter. Réfléchit et me dit qu’il me répondra 15 jours plus tard. En fait, il n’a jamais su répondre à cette question.

On a tous un peu retrouvé de joie dans le travail lorsque Jacques Villeneuve est arrivé, facétieux, avec sa décontraction nord-américaine, ses cheveux décolorés, ses blagues. Au moins, on avait un personnage sympathique à interviewer ! Car en dehors de Jean Alesi et Olivier Panis, les discussions étaient restreintes avec Hakkinen ou Schumi.

Mais à ce jour, à part Platini peut-être et Rai qui m’ont apporté de belles interviews et de beaux souvenirs professionnels, je n’ai jamais récupéré l’intensité d’un dialogue obtenu avec Alain ou Ayrton.

Voilà, ce qui à mon sens les différencie des autres pilotes. Cette capacité à s’émerveiller et à s’intéresser à d’autres choses.

Lorsque Senna au Brésil 94 nous avait présenté son petit Senninha, le personnage de sa fondation, il était comme un gamin impatient devant un sapin de Noël illuminé. Fier de nous dévoiler ses projets humanitaires.

Certains cherchent à savoir qui est le plus grand pilote de l’histoire et blabla et blabla. Les débats sont infinis. Je ne m’y intéresse pas. Car j’ai eu la chance et l’immense privilège de croiser les hommes qui existent derrière les chiffres et les statistiques.

Après Imola, j’ai perdu l’enthousiasme de mon travail. Je traînais les pieds sur les GP. Surtout après l’accident de Wendlinger à Monaco. J’allais travailler la peur au ventre. Je n’étais pas préparée à écrire sur la mort en direct. Je voulais parler de la vie !

Et puis, un jour, je suis allée dans un grand jardin, bordé d’arbres centenaires. Autour, la circulation de São Paulo, mégalopole sale, bruyante, tentaculaire, polluée. Mais au cimetière de Morumbi, au milieu d’une pelouse jonchée de fleurs, le bruit ne m’atteignait plus.

J’ai regardé une pierre posée à même le sol. Ayrton Senna Da Silva 1960-1994. Une inscription « Rien ne peut me séparer de l’amour de Dieu. » Un oiseau s’est envolé d’un arbre. Je l’ai regardé partir. Et une étrange sérénité m’a envahie.

PHOTOS AYRTON SENNA - ALAIN PROST












Ayrton Senna: le héros au regard triste

«Quand je suis en forme, je peux tout.  Même quand je vais mal, j'essaie encore…»  disait Ayrton Senna.



La bière est «absurdement gelée», comme les Brésiliens l'aiment. Les écrans géants sont installés, une marée de T-shirts jaune et vert a déferlé sur les places de Sao Paulo. Le Brésil affronte ce jour-là le Ghana en huitièmes de finale. Les administrations ont fermé, les centres commerciaux les plus sophistiqués expulsent leurs clients. À quelques mois de l'élection présidentielle, l'agenda politique est suspendu aux pieds de la seleçao.

Et Ayrton Senna ?

Une semaine plus tard, après la défaite de l'équipe aux mille talents, l'éternel héros sort encore grandi.

«Il ne nous a jamais déçus», répètent les Paulistes. «Quand je suis en forme, je peux tout. Même quand je vais mal, j'essaie encore...», disait Ayrton Senna.

Un hymne à la volonté, qui lui vaut l'hommage durable d'une nation orpheline.

Le Brésil, enfant illégitime de colons pressés de s'enrichir, d'extraire de cette terre de quoi faire leur gloire en Europe, expliquait le grand sociologue Sergio Buarque de Hollanda, ce Brésil né des amours furtives avec les esclaves et les Indiennes est un pays sans pères.

Le Brésil est cette éternelle «terre d'avenir» que décrivait déjà Stephan Zweig en 1943.

Mais le rêve tardait à s'accomplir.

Quand Ayrton apparaît sur la scène internationale dans les années 1980, les militaires sont au pouvoir et la seleçao est embourbée dans les défaites.

Le pilote déploie alors un drapeau brésilien pour fêter sa victoire et le pays s'enflamme.



Avec son visage triste mais son poing levé des gagnants, sa mine tourmentée, Ayrton, puissant et mélancolique tout à la fois, toujours présenté comme un bon fils, a l'étoffe d'un héros.

Plus vénéré que les footballeurs, souvent considérés comme de mauvais garçons dont le talent excuse les excès.

Ayrton était croyant, il avait vu Dieu un jour sur un circuit, comme s'il n'était plus des mortels.

Son mysticisme confus se résumait pourtant à une foi tenace en lui-même, doublée d'une hargne pour la victoire : c'est ainsi qu'il accidenta volontairement Alain Prost qui lui barrait le podium.

Pour se faire sa place dans l'histoire, Ayrton a navigué parfois loin de la légende.

Mais sa mort a gommé les zigzags.

Il ne reste plus que cette embardée à 250 km/h vers un mur, cette fin en direct.

Ce dimanche 1er mai 1994, son public attend devant le poste, crispé.



Les pilotes semblent redevenus des humains, avec leurs visages défaits et leur vulnérabilité exposée.

Le vendredi, Rubens Barrichello a survécu à un très grave accident.

Le samedi, l'Autrichien Roland Ratzenberger s'est tué. Fébrile, le Brésilien n'entend pas renoncer à un quatrième titre mondial.

À son inquiétude s'ajoute une blessure personnelle.

Il vient d'écouter une cassette où Adriane Galisteu, sa nouvelle compagne, parle avec son ancien petit ami.

Une conversation téléphonique anodine, faite de petits rires pour elle et de tentatives de séduction pour lui. Mais une conversation enregistrée, comme preuve qu'Adriane le trompe.

La famille Senna, qui détestait la sulfureuse Adriane, blonde inconnue avant de se jeter dans les bras d'Ayrton, aurait organisé le piège, raconte le journaliste Ernesto Rodrigues *.

Viviane Senna, la soeur du pilote, assure qu'Ayrton avait lui-même demandé cet enregistrement.

Qu'importe.

Ce dimanche, lorsqu'il se prépare pour la course, il pense se séparer d'Adriane.

PHOTOS AYRTON SENNA - ADRIANE GALISTEU


Ayrton Senna - Adriane Galisteu - Adelaïde, Australia, 1993

Ayrton Senna - Adriane Galisteu - Sao Paulo - aéroport, 1993

Ayrton Senna - Adriane Galisteu - fazenda Tatui, Brésil, 1993

Ayrton Senna - Adriane Galisteu - 1993

Ayrton a beau avoir flirté des années, collectionné les femmes blondes, il est un conservateur et il ne peut tolérer l'affront.


Ayrton Senna et sa seule épouse, Liliane de Vasconcellos, pendant leur cérémonie de mariage, 1981

Ayrton et la présentatrice brésilienne, Xuxa, à Jacarepagua, 1988, qui a toujours été reconnue par tous comme le grand amour de Senna

Le sort fera finalement d'Adriane une veuve célèbre. Beaucoup ne lui pardonneront pas ses poses d'endeuillée sexy, puis sa couverture de magazine où elle posait nue. Aujourd'hui, Adriane est une star de la télé brésilienne, mais les rancoeurs restent tenaces.


Adriane Galisteu, toute souriante pendant la promotion de son livre "Mes 405 jours avec Ayrton Senna", Novembre 1994

Adriane Galisteu, jouant son rôle de "veuve" jeune et sexy, pour vendre son livre sur la vie privée d'Ayrton Senna, apeine 5 mois après sa mort

Une des photos du livre "Adriane Galisteu: mes 405 jours avec Ayrton Senna", choisie exprès pour donner l'impression d'une grande souffrance de la nana, alors qu'il s'agit tout simplement d'une photo ratée

Adriane Galisteu, souriante et satisfaite, pendant la promotion du livre qu'elle écriva apeine 5 mois après le decès d'Ayrton Senna

Adriane Galisteu souriante et grosse (elle mangeait très bien, gratuitement, à la maison de l'ami de Senna, Braguinha) seulement 2 mois après la mort de son "grand amour" Ayrton Senna

PHOTOS ADRIANE GALISTEU NUA - NAKED - NUE, PLAYBOY BRASIL 1995


Adriane Galisteu - nue dans Playboy Brezil 1995 - edition Août - elle affichait même un numéro de téléphone où appeler et l'écouter raconter des histoires privées sur Ayrton Senna













Sur la piste du circuit d'Interlagos, au sud de Sao Paulo, quelques karts vrombissent encore, par un soleil d'hiver austral.

Des fils à papa engoncés dans des combinaisons rembourrées tournent à vive allure dans un décor délavé. Là où Ayrton s'entraînait sur le kart que son père lui avait offert.

Depuis, la végétation s'immisce partout sur la piste craquelée.

Le circuit, autrefois situé dans une zone boisée et noble, est étranglé par une immense favela.





Désormais, les maisons semblent penchées les unes sur les autres, comme enlacées, tandis que les fenêtres laissent suinter des bluettes d'amour, des scènes de ménage et le râle de corps fatigués.

Des prêches aussi.

Des églises évangélistes diffusent le message divin par haut-parleur.

Les ateliers de mécaniciens bordent encore le circuit. Une porte bleue affiche un surnom fameux : le Tché. Ayrton vint le trouver un jour, avec son moteur de kart abîmé.


Ayrton Senna - Son mécanicien Tché - les temps du kart

On lui avait recommandé cet Espagnol aux mains d'or et à la technique acquise dans l'Espagne franquiste qu'il avait fuie.

Milton, le père d'Ayrton, demanda le prix de la réparation : 300 pesos.


Ayrton Senna et son père, Milton da Silva

Rien ou presque.

«Ce sera du mauvais travail», lança-t-il.

Inscrit à l'élégant collège Rio Branco qui accueille les fils de l'élite, Ayrton est le seul à ne pas sourire sur la photo de classe, comme absent.

Élève médiocre, il détourne tous les matins son chauffeur pour rejoindre le circuit d'Interlagos et enchaîner les dérapages.

«Apprends à conduire avant de faire le kakou, travaille», lui répète son coach.

À 9 heures, lorsque les portes du circuit s'ouvrent, Ayrton s'assoit dans son kart et tourne, sans s'arrêter, tout juste ramené au monde par le sifflet du gardien à 17 heures.

PHOTOS AYRTON SENNA KART






Ayrton, l'enfant difficile, agité, que sa mère emmenait chez le psychologue pour comprendre son comportement à la fois renfermé et pressé, Ayrton, l'enfant fou de tous les sports, Ayrton au regard toujours triste, a enfin trouvé sa place : sur une piste.

C'est aussi là, à l'occasion d'une course où il s'est classé en queue de peloton après qu'un technicien eut remplacé ses pneus par un modèle juste 1 mm plus petit, qu'Ayrton découvre combien la précision est la clé du succès.

Le Tché lui enseigne à tout vérifier, et par la suite, Ayrton arpentera les circuits à pied pour relever les détails et prévoir là où il arracherait un précieux millième à ses adversaires.

À cette époque-là, Ayrton quitte à regret le circuit d'Interlagos pour retrouver la demeure familiale située à l'opposé de la ville.

La première maison des Senna s'accroche toujours à la colline de Santana, dans un quartier de la petite classe moyenne de la zone nord de Sao Paulo.

Vaste. Issu d'une famille modeste, Milton, le père, avait très vite commencé à revendre du matériel de construction, puis des pièces détachées de voitures, anticipant le formidable essor de l'automobile dans une ville désormais congestionnée presque jour et nuit. Depuis l'arrivée des jésuites en 1554 et la fondation de leur collège, Sao Paulo est devenue un monstre.

Le café a fait la fortune de la ville à la fin du XIXe siècle, attirant des milliers d'immigrés européens.

Les 130 000 habitants de 1895 sont déjà 250 000 cinq ans plus tard.

Quatre voitures traversent alors la ville.

Aujourd'hui, 10,5 millions d'habitants vivent sur 1 524,96 kilomètres carrés.

Cinq millions de voitures circulent chaque jour à 27 km/heure en moyenne.

La seule Marginal Tieté, un des axes principaux, concentre 700 000 véhicules par jour.

Pour échapper à cet enfer de dioxyde de carbone, et de temps perdu, plus de 1 000 hélicoptères particuliers déposent leurs passagers sur les hauteurs des buildings de Sao Paulo.

Ayrton Senna s'était lui aussi fait bâtir une piste d'atterrissage sur l'immeuble où il avait ses bureaux. Aujourd'hui, la plate-forme orange coiffe l'institut Ayrton-Senna, comme un luxe inutile dans un quartier de maisons sans prétention.

À l'accueil, une standardiste en tenue de nylon de ce bleu prison qui semble n'exiger aucun lavage, n'a pas le glamour des hôtesses de sièges bancaires.

Elle est à l'image des Senna, une famille discrète, austère presque, étonnante dans un pays qui cultive l'exubérance et l'insouciance.

Les Senna incarnent à l'inverse la bourgeoisie industrieuse, frileuse et économe.

Après avoir offert son premier kart à Ayrton, son père n'aura de cesse de le faire décrocher des sports automobiles, raconte Adilson Carvalho de Almedia, président du fan-club d'Ayrton Senna, la TAS.

Sous la pression familiale, le pilote de Formule 3 quitte Londres et reprend une boutique d'outils que son père lui a réservée.

Derrière le comptoir, il est prostré, le regard éteint.

Et c'est parce que courir était une nécessité que sa famille l'a finalement laissé vrombir.

Aujourd'hui, la tradition se perpétue : c'est maintenant le neveu d'Ayrton, Bruno, qui se lance en Formule 3.

Sa mère, Viviane, la soeur aînée du pilote, reçoit au 16e étage de l'institut qu'elle a créé juste après la disparition d'Ayrton.

Corps brindille, voix de petite fille,

Viviane est une figure de la société brésilienne, toujours élégante et vaguement distante.

En réalité, c'est une femme qui vit entourée de fantômes qui réapparaissent au détour des questions.

Son frère, dont elle n'avait jamais imaginé la mort.

Son mari, emporté des années plus tard par un banal accident de la route alors qu'il conduisait la moto d'Ayrton.

Et maintenant son fils, celui-là même qui avait cessé le kart lorsque Ayrton avait heurté Tamburello, celui qui n'a plus parlé de courir pendant des années, celui qui a tu sa passion pour épargner sa famille, a fini par suivre sa voie.

«Si je cours, c'est pour être le meilleur.

Sinon, je ne serais pas là», dit aujourd'hui Bruno, 26 ans.

«Je ne peux pas l'en empêcher, reprend Viviane.

Ce serait contraire à tout ce que j'ai toujours prôné pour moi et les autres : se réaliser.»

Mais la mère tremble.

Au Brésil, la pression est énorme.

Personne n'est venu derrière Senna assouvir ce besoin de vaincre.

Les Brésiliens ne se résolvent pas à ce désert de héros, renchérit Reginaldo Leime, un des commentateurs vedettes de la télévision Globo, qui fut l'ami d'Ayrton. «Les neuf victoires de Rubens Barrichello ne valent rien. Il faut être premier ici.»

Pour Viviane, les attentes des Brésiliens à l'égard de son fils sont «dangereuses».

Mais la saga des Senna se fait presque malgré eux. Lorsque des millions de personnes ont accompagné le corps d'Ayrton Senna vers le cimetière de Morumbi, une banderole barrait une façade décrépie :

«Ayrton, tu nous tendais un miroir, qui nous aidera à être meilleurs maintenant ?»

* Ernesto Rodrigues, O heroi revelado.

Source: http://formule1-ma-passion.kazeo.com/hommage-a-ayrton-senna/ayrton-senna-le-heros-au-regard-triste,a451353.html

sábado, 3 de maio de 2014

Cristine Ferracciu: uma das mulheres mais importantes na vida de Ayrton Senna

Cristine Ferracciu tinha apenas 17 anos quando viu Ayrton Senna pela primeira vez. 


Ayrton Senna e Cristine Ferracciu na inauguraçao da fazenda Tatui, Dezembro 1991
Típica jovem da elite carioca, era neta de italianos, filha do almirante Edson Ferracciu. Ela batia perna com a amiga gaúcha Andreia nas butiques do São Conrado Fashion Mall, num final de tarde do verão de 1985. Ambas tinham em comum o fato de serem muito bonitas, admiradoras de Ayrton e a coincidência de estarem namorando jogadores titulares da seleção brasileira de vôlei. As duas se divertiam no shopping quando, na Fiorucci, começou um grande alvoroço. Era Ayrton Senna, acompanhado pelo amigo Júnior, fazendo compras numa loja ao lado. Quando eles entraram no Escort XR3 preto conversível de Ayrton, elas foram atrás, no Chevette Hatch de Cristine. Menos de um quilômetro depois, Ayrton parou no estacionamento do hotel Intercontinental e caminhava com Júnior para a recepção quando Andreia, mais atirada, correu na direção deles. Cristine, envergonhadíssima e escondida atrás de uma pilastra, ficou em pânico:

- Sua louca, volta aqui!

Ao ser abordado, Ayrton quis saber de Andreia onde estava "a outra que saltou do carro". E nem esperou a resposta. Caminhou até a pilastra e queimou várias etapas com um convite que mais pareceu uma ordem:

- Vamos jantar?
- Que jantar? Você está doido? Eu tenho namorado.
- Não sou ciumento.

Andreia observava a cena torcendo para que Cristine cedesse, mas ela não queria. Senna insistiu:

- Então me espera que eu vou trocar de roupa.
- Não, não vou esperar de jeito nenhum.

Mais ousado ainda, Ayrton simplesmente tomou a bolsa de Cristine e disse que só devolveria se ela fosse jantar com ele. Ela ficou brava:

- Eu tenho namorado, ele é muito grande e não vai gostar nada disso, viu?

Andreia não se conformava com a resistência. E cochichou para a amiga:

- Você deve ser uma débil mental...

Depois de muita insistência, Cristine aceitou aguardar Ayrton no térreo e sair para jantar, passando primeiro no apartamento da Lagoa.

Cristine viveu dois anos com Senna, entre janeiro de 1990 e dezembro de 1991.

Fonte: Ayrton, o herói revelado de Ernesto Rodrigues 

Ayrton Senna, la semplicità di cuore e quella fede impressa perfino dentro la tuta.

Alle 14.17 di domani, 1 maggio, don Sergio Mantovani sarà alla curva del Tamburello. In mano l’acqua santa per benedire quel tratto del circuito di Imola dove vent’anni fa, a quell’ora esatta, la Williams di Ayrton Senna usciva rovinosamente dall’asfalto, schiantandosi contro il muro e provocando la morte del pilota brasiliano. «Credo che ora sia in paradiso. Aveva un cuore troppo grande».




Ayrton Senna

Lo conosceva bene il sacerdote modenese: 83 anni, don Sergio frequenta da una vita paddock e scuderie del circuito della Formula 1, e il primo maggio del 1994 era anche lui a Imola ad assistere al Gran Premio di San Marino. «Mi ricordo la serietà di Senna appena prima che cominciasse la gara», dice il prete. «La morte di Ratzenberger, il giorno prima, lo aveva segnato. Ayrton pareva in crisi, quasi non volesse correre. Un giornalista gli chiese: “Come mai sei così serio?”. “Ve lo dirò dopo la gara”, gli rispose. Per me è stato un dolore grande vedere quell’incidente: volevo andare da lui per dargli l’estrema unzione, ma me l’hanno impedito».


Accident Ayrton Senna - Imola 1994 - GP San Marino




FANGIO E SENNA

L’accento emiliano di don Sergio sembra fiaccato dall’età, ma a dargli vigore è lo stimolo dei ricordi, che scorrono rapidi in un susseguirsi di motori e piloti, gare e costruttori. Lo chiamano il “cappellano delle corse” perché all’attività da sacerdote nella sua parrocchia di Modena ha affiancato, fin dalla sua ordinazione, una simpatia per la Formula Uno e i suoi protagonisti. E tra i rapporti più belli nati a bordo pista c’è proprio quello con Ayrton Senna. «Era una persona che spiccava per il suo carattere semplice e umile. Ho in mente un momento di lui molto bello: qualche anno prima dell’incidente di Imola, Fangio lo incrociò al Gran Premio di Monza. Si fece serio e gli disse: “Tu batterai il mio record di vittorie nei Mondiali”. Senna fu umilissimo: rimase zitto e fece “no” col dito».


Ayrton Senna e Fangio


QUEL BIGLIETTO NELLA TUTA. 

Ma quello che più continua a commuovere don Sergio era la grande fede che il brasiliano aveva in Dio: «La serenità con cui si raccoglieva prima delle gare ce la ricordiamo tutti: ecco, secondo me in quei momenti si metteva a pregare. È stato un campione formidabile che ha portato in giro per il mondo il suo amore per Dio. Poi ci sono tante cose che non posso raccontare: sono un sacerdote, non un giornalista». Tuttavia, ancora si ricorda con precisione le parole scritte in un biglietto che fu trovato dentro la tuta di Senna dopo la sua morte: «Nessuno mi può togliere l’amore che Dio ha per me». Non era una novità che Ayrton fosse credente. Ma quelle righe, lette subito dopo la morte, sono parse a don Sergio e a tanti piloti una sorta di atto di affidamento del brasiliano.


Placa de Ayrton Senna - Sao Paulo - Morumbi
http://www.tempi.it/ayrton-senna-la-semplicita-di-cuore-e-quella-fede-impressa-perfino-dentro-la-tuta-il-ricordo-del-cappellano-delle-corse#.U2UwRoHiqSo

sexta-feira, 2 de maio de 2014

Niki Lauda fala sobre Ayrton Senna: "Ele foi o melhor e mais carismático piloto que a F-1 já teve"

Em meio à comoção mundial gerada pela trágica morte de Ayrton Senna, no dia 1º de maio de 1994, o igualmente tricampeão da Fórmula 1 Niki Lauda declarou que o brasileiro havia sido o melhor piloto de todos os tempos. Duas décadas depois, o austríaco de 65 anos mantém a mesma opinião: 

James Hunt, Alain Prost, Keke Rosberg, Nikia Lauda, Ayrton Senna, 1992
- Ele foi o melhor e mais carismático piloto que a F-1 já teve. Senna tinha personalidade, era rápido e tinha muito carisma. Não é à toa que ele ganhou tudo - declarou Lauda, atualmente presidente não-executivo da Mercedes, em entrevista à agência de notícias “Reuters”. 

Em 1984, o austríaco da McLaren já era bicampeão mundial e estava em busca de seu terceiro título, enquanto o brasileiro estreava na Fórmula 1 pela pouco expressiva Toleman. Em maio daquele ano, em uma corrida comemorativa realizada no circuito de Nürburgring, na Alemanha, o novato Ayrton venceu ao volante de um Mercedes-Benz 190E, desbancando o favorito Lauda.

Pouco tempo depois, em junho, Senna surpreendeu novamente o veterano com uma ultrapassagem espetacular na chuva, dando um verdadeiro show no GP de Mônaco. O brasileiro acabaria conquistando seu primeiro pódio da F-1 naquela prova, ao cruzar a linha de chegada em segundo. Lauda se retirou da categoria no final de 1985, já como tricampeão mundial.


Ayrton Senna e Nikki Lauda Mercedes 190 E Nuremberg (Foto: Agência AP)
Ayrton Senna desbancou Niki Lauda (à esquerda) na corrida das estrelas disputada em 1984 (Foto: Agência AP)

Esta semana, pilotos, ex-pilotos e atletas de outras modalidades exaltam a memória de Senna para lembrar os 20 anos de sua morte. Em Ímola, veteranos como Gerhard Berger e Andrea de Cesaris, além de Fernando Alonso e Kimi Raikkonen, prestaram um tributo ao brasileiro, em evento que reuniu mais de 20 mil fãs no palco do fatídico GP de San Marino de 1994.

Semana #SennaSempre

Nesta semana, o GloboEsporte.com apresenta matérias especiais e entrevistas exclusivas em homenagem ao ídolo brasileiro, além de cobertura "in loco" do "Ayrton Senna Tribute 1994/2014”, evento que está sendo realizado em Ímola em memória ao tricampeão. Fique ligado e confira tudo em nossa página especial “Senna para Sempre”.

Fonte: http://globoesporte.globo.com/motor/formula-1/senna-para-sempre/noticia/2014/05/vinte-anos-depois-niki-lauda-mantem-opiniao-senna-foi-o-melhor-de-todos.html
While Ayrton Senna raced for four teams during a decade in which he illuminated Formula 1, it is McLaren with which the Brazilian legend remains most synonymous.


In the week that marks the 20th anniversary of Senna's untimely death at Imola, the publication of a new book by award-winning motor racing journalist and author Maurice Hamilton titled 'Ayrton Senna - McLaren' lifts the lid on that compelling and highly successful six-year relationship through the personal recollections and anecdotes of the people who worked with Ayrton inside the team and knew him best outside it.

"It's not exaggeration to say Senna was family - he was," Hamilton told Sky Sports Online. "As the team goes, they saw him as family and I think the wider world saw him as a McLaren man.

"You have to remind them almost that he had a season with Toleman and then a couple of seasons with Lotus. He scored his first win with Lotus and while that was spectacular enough, people tend not to remember that.


"McLaren's where he achieved all his success - three world championships and all bar six of his 41 grand prix wins - so he is automatically tied to them. He is also automatically tied to them because of the wonderful performances that we all remember, things like Donington '93 and the pole lap at Monaco in '88. All these various amazing drives were by and large done in a McLaren so you associate the yellow helmet with the red and white car."

The challenge of bringing fresh perspective and insight to the Senna story two decades on was not lost on the author, but direct access to both the Brazilian's former inner sanctum at McLaren and the Senna family allowed the fascinating story of both Ayrton the racing driver and the man to be told.

"There are probably more books on Ayrton Senna than any other driver and the question would be what would you do to make it different," Hamilton explained.

"So what I did was, because the book is in association with McLaren and also with the approval of the Ayrton Senna Foundation, I had permission to work with McLaren and all the people that worked at McLaren with Ayrton, be it the guy in the stores, the mechanics, the engineers or the catering people, and they gave me their memories and anecdotes.

"So basically they are the voices that haven't been heard before."


Senna claimed 35 of his 41 F1 wins at McLaren (Photo ©Fujio Hara)

Across 288 pages, the hardback book recalls numerous such tales from Senna's time at McLaren and Hamilton says that "there are just some really brilliant stories".

"There is specific one that really tickled me," Hamilton continued. "It's a guy who works in the stores, so it's not a guy who'll see or whose name you'll hear mentioned, who had been there a long time. He had worked part-time for McLaren back in the late 80s and he wanted to go there permanently and he had mates inside and they were tipping him off when vacancies arose.

"One such vacancy arose in the stores so his mates tipped him off and said 'get your CV in quick'. He realised he didn't have a CV so he and his Mrs quickly knocked one up and she said to him 'look, you can't post it, you've got to take it round personally'. So they went round at nine o'clock at night to the McLaren place in Albert Drive and, typical McLaren, would you believe they don't have a letterbox! So he was standing at these locked smoked-glass doors and he's aware there's somebody moving behind in reception.

"So he's got his CV in his hand and the figure's beckoning him to shove it between the two glass doors - and then he realises it's Senna! He's terribly embarrassed by this but Senna says 'come on, come on, push, push'. So he pushes it through and Senna drags it to the other side and gives him the thumbs up. Some months later he got the job and he saw Ayrton at the factory and he mentioned this and Ayrton remembered it.

"What Ayrton had been doing was - this was in the days before mobile phones and the communications we have now - actually using McLaren's phone at night to phone Brazil because it was cheaper!"

Source http://www1.skysports.com/f1/news/22058/9291619/the-world-saw-him-as-a-mclaren-man-maurice-hamilton-on-his-new-senna-book

quinta-feira, 1 de maio de 2014

Interview mit Ayrton Senna - Karin Sturm

Ayrton Senna saß an einem Hotel-Swimmingpool. Er sprach über seine Angst vor dem Tod. Dann sagte er: Er würde nach einem Unfall lieber sterben als geistig behindert weiterzuleben. Erinnerungen an den besten Formel-1-Rennfahrer der Geschichte.

Ayrton Senna - Estoril 1990

Zwanzig Jahre ist es her, dass Ayrton Senna in Imola starb. Es kommt einem ewig vor - und doch so, als wäre es gestern gewesen. Dieser Tag veränderte so viel für so viele Menschen. Und er bedeutete mehr als nur das Ende einer Ära in der Formel 1.

Ayrton Senna - Monaco 1991
Denn mit Senna fehlte plötzlich nicht nur der wahrscheinlich beste Rennfahrer der Geschichte. Es fehlte vor allem ein außergewöhnlicher Mensch, einer, der überall seine Spuren hinterließ. Spuren, die Raum und Zeit zu überdauern scheinen. Denn Senna faszinierte nicht nur durch sein fahrerisches Können, sondern vor allem auch durch seine Persönlichkeit, sein ganz spezielles Charisma. Er war anders als viele Spitzensportler, mit seinen manchmal philosophischen Gedanken zu vielen Dingen auf der Welt, nicht nur zur Formel 1, sondern auch zu Religion und Glauben.

Ayrton Senna - Xuxa - 1989

Sennas Ziel war die absolute Perfektion, in allem was er tat, "immer, in jeder Sekunde, sein Bestes zu geben, die Suche nach dem Limit, das Herausschieben von Grenzen", wie er sagte. Sein Aufstieg an die absolute Spitze, die Siege waren die beinahe logische Konsequenz davon.


Und dann waren da noch seine Geradlinigkeit und ein fast schon fanatischer Gerechtigkeitssinn, gepaart mit einer tiefen Sensibilität. Eine Kombination an Charaktereigenschaften, die es ihm in der Formel 1 nicht leicht machten: "Schlimmer als eine Niederlage ist es, betrogen zu werden. Eine sportliche Niederlage kann einen sogar besser machen, betrogen zu werden aber ist unakzeptabel", lautete Sennas Standpunkt - und dafür kämpfte er Zeit seines Lebens.


Die Erinnerungen an Ayrton Senna sind heute noch allgegenwärtig - an vielen Orten, in vielen Momenten. In Japan, in Suzuka, wenn dort mal wieder eine WM-Entscheidung fällt, mit großer Party hinterher. Dann erinnert man sich, wie Senna 1988 dort seinen ersten von drei Weltmeistertiteln genoss: Alleine, in seinem Hotelzimmer, schaute er sich damals sein Siegesrennen noch einmal auf Video an, auf einem speziellen Band, ohne Kommentar, nur mit den Originalrenngeräuschen.

Aber natürlich kommen diese Erinnerungen auch in Brasilien: In Interlagos, an Sennas ersten Heimtriumph dort, 1991, mit einem angeschlagenen Auto, als er die letzten sieben Runden nur noch im sechsten Gang fahren konnte. Seine Erschöpfung, aber auch seine unglaublichen Emotionen danach - die Freude, die sich auch darin ausdrückte, dass man als Gratulant auch gut zwei Stunden nach Rennende noch ein spontanes Dankesküsschen bekam.

Am Swimmingpool ging es um Risiko, Angst und einen Unfall

Oder wenn einem - wie gerade im Zusammenhang mit Michael Schumachers Unfall - ein sehr privates Gespräch mit Senna einfällt, aus dem Jahr 1992, im australischen Port Douglas, in der Pause zwischen dem japanischen und dem australischen Grand Prix. An einem Hotel-Swimmingpool ging es um Risiko, um Angst, um seinen Unfall beim Testen in Hockenheim im Jahr zuvor, als er zumindest seinem Gefühl nach "mindestens so hoch in der Luft" war wie die Bäume dort; als er während dieser Sekunden Angst hatte, sterben zu müssen. Und an den Satz, dass er nach einem Unfall lieber sterben würde als etwa mit einer schweren geistigen Behinderung weiterleben zu müssen. Ein Satz, der damals in all der Trauer nach Imola so etwas wie ein kleiner Trost sein konnte.

Aber die Erinnerungen sind auch außerhalb der Formel 1 präsent - vor allem natürlich in seiner Heimat. Dort weiß heute noch fast jeder ganz genau, wo er an dem Tag war, was er gerade tat, als er von Sennas Tod erfuhr, von einem Verlust, der für die Brasilianer mehr war als nur der Verlust eines Sportidols, nämlich der Verlust einer Hoffnung: So viel hatte Senna ihnen immer geben können, so viel Freude, so viel Stolz auch auf ihr Land, trotz aller Probleme und Miseren.

Senna hat Menschen auf der ganzen Welt inspiriert, er hat etwas bewirkt, er hat etwas verändert in den Köpfen vieler Menschen, ob sie ihn nun persönlich gekannt oder auch nur aus der Distanz verehrt und geliebt haben.

Und er blieb praktisch allen, die irgendwann einmal mit ihm zu tun hatten, durch seine Menschlichkeit und seinen respektvollen Umgang mit ihnen im Gedächtnis - unabhängig von Rang und Status seines Gesprächspartners. Und das bis heute - 20 Jahre danach.

20 Jahre, in denen manche immer wieder einmal das Gefühl hatten und haben, noch etwas von dieser besonderen Ausstrahlung, dieser Kraft, zu spüren.


Karin Sturm begleitet die Formel 1 seit 1982 als Journalistin, ist bei fast allen Grand Prix' vor Ort. Ayrton Senna kannte sie seit dessen erstem Rennen im Toleman 1984, baute über die Jahre ein Vertrauensverhältnis zu dem Brasilianer auf. So waren damals neben offiziellen Interviews auch öfters persönliche Gespräche möglich, die meist nicht den direkten Weg in Veröffentlichungen fanden. Ein gemeinsames Buch war 1994 in Planung. Es sollte Ende der Saison erscheinen, das Konzept war bereits abgesprochen und spiegelte sich in "Ayrton Senna - seine Siege, sein Vermächtnis" wider. Auch heute noch besteht ein sehr guter Kontakt zu Sennas Familie, speziell zu seiner Schwester Viviane und zu seinem Neffen Bruno, der ebenfalls als Rennfahrer Karriere machte.

Source: http://ml.spiegel.de/fotostrecke.do?id=113447|967065
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